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L'avis et la vie d'un 0-2

  • Photo du rédacteur: Jirolondon
    Jirolondon
  • 5 janv.
  • 14 min de lecture


Je souhaitais témoigner à propos d'une activité qui occupe pas mal de mon temps libre, les tournois de jeux vidéo. J'ai abordé le sujet peu à peu avec mon entourage qui en est éloigné voir réticent, je tiens désormais à le mettre par écrit une bonne fois pour toute. Je synthétiserais mes origines avec cette pratique mais donnerais aussi de petits conseils et ressentis personnels aux éventuel/lles curieux/ses qui se auraient envie de se lancer.


Tout a commencé avec une souris jaune...


Ça a débuté en 2022 au "Checkpoint" de Rennes, un bar gaming que j'avais repéré lors de mon emménagement en ville. Sa vitrine m'avait tapé dans l'œil. Un lieu de restauration dédié au jeu vidéo, évidemment que j'allais noter l'adresse ! En me renseignant un peu sur les réseaux, je découvre qu'il s'y tient de façon hebdomadaire des tournois sur Super Smash Bros Ultimate. J'ai toujours joué à ce jeu en solo, c'est d'ailleurs celui qui m'a le plus occupé pendant le confinement dont nous venions de sortir. J'y vois là l'occasion d'enfin partager des moments conviviaux sur un jeu que je surkiffe.



Un logo qui m'est précieux...
Un logo qui m'est précieux...


J'apprends qu'il faut s'inscrire à l'avance sur un site qui génère des arbres de tournois, des "brackets" comme ils disaient. Là est venue la question du pseudo qu'il fallait enregistrer au moment de l'inscription. Plusieurs idées me viennent en tête mais je retiens celle de combiner les noms de mes deux auteurs préférés Jiro Taniguchi et Jack London. Je serais Jirolondon à cette occasion. À ce 1er tournoi, je découvre ce qu'est un bracket à double élimination. C'est à dire que l'arbre se décline en deux branches, celle des joueurs qui ne perdent pas "le winner side" et celle des joueurs qui n'ont perdu qu'un match "le looser side". La finale consiste à opposer celui qui n'a jamais perdu face à celui qui a remonté l'arbre des perdants. En cas de victoire du 1er, c'est lui qui l'emporte. En cas de victoire du 2ème, il faut rejouer la finale puisque qu'il serait injuste que le 1er soit vaincu alors qu'il n'a perdu qu'un seul match comme son adversaire. En résumé, chaque joueur a une vie, une fois celle-ci consommée et une nouvelle défaite vécue en looser side, c'est la fin de parcours. Un système pas toujours compréhensible au premier abord mais la logique se fait fluide en tête très vite.


À l'écorchement de mon pseudo, je me suis présenté à mon adversaire. Je découvre qu'il faut bannir des terrains de jeu avant chaque match pour respecter le côté compétitif et ne pas laisser les aléas de stage renverser inégalement la partie comme lors d'une course de Mario Kart... Cela me semblait logique mais j'étais loin de me douter de la stratégie qui se cache derrière cet accord passé entre joueurs. Bien évidemment je me fais rétamer. Ceux que j'affrontent révèlent tout ce qu'il est capable de faire dans le jeu, un savoir-faire que je n'avais pas et que je ne soupçonnais pas. Pour autant je ne suis pas découragé, je reste à admirer les matchs jusqu'à la fin du tournoi avec un plaisir de spectateur prononcé. Les actions et prouesses réalisées par les meilleurs était un bonheur pour mes yeux néophytes. L'organisateur de ce tournoi, un certain OursOuzbek, me demande même si ça s'est bien passé pour moi. Je réponds par l'affirmative avec entrain. Le rendez-vous était pris et je m'engageais à me rendre à ces tournois dès que ma disponibilité le permettrait.


C'est donc dans un esprit d'apprentissage que j'ai commencé à faire des tournois. Je souhaitais apprendre à mieux jouer, tenter de me rapprocher du niveau des meilleurs ne serait-ce qu'un tout petit peu. Je discute technique, pose des questions sur les mécaniques, cherche une manette adapté à mon style et mon confort de jeu... J'apprivoise le vocabulaire propre au jeu : Forward tilt, edgeguard, fast fall etc... Je parviens petit à petit à prendre des vies à mes adversaires, voir des manches ou même des matchs ! La satisfaction est immense. Mais au fur et à mesure des tournois qui passaient, je me rendais compte que j'y allais moins pour performer que pour voir du monde tout simplement.


Ces rendez-vous hebdomadaires sont arrivés à un moment de ma vie où j'aurais pu vite m'enfermer dans une solitude négative. Je venais de débarquer dans la ville, sans repères, et la constitution d'un nouveau groupe d'ami n'est pas une de mes spécialités... Ainsi je commence à connaître de plus en plus les joueurs et joueuses qui fréquentent le bar gaming du Checkpoint. Mes liens les plus forts sont souvent partis d'une game lancée entre deux verres, le jeu devenant un prétexte pour apprendre à faire connaissance. Je me fais ma petite réputation, des personnes se mettent à me surnommer le "Pichu du Checkpoint", je lamine des membres de groupe d'amis un peu éméchés venus se détendre un soir. Mais pourquoi Pichu d'ailleurs ? La raison est simple, c'est le premier personnage avec lequel j'avais la sensation de faire des combos dans Super Smash Bros Ultimate Je n'ai hélas aucune affinité à la saga Pokémon, veuillez me le pardonner... Parmi les joueurs de Smash Bros que je croisais dans ce bar, il y avait aussi des joueurs d'autres jeux de baston. Plusieurs d'entre eux me montrent le maniement d'un stick arcade sur la borne du bar, dans des parties de Street Fighter III Third Strick endiablées. Je suis sidéré par la beauté du jeu à ce moment là et de sa qualité d'animation. C'est de cette manière que je fus introduit au notions de "cancel" et de "motion inputs". Je ne le savais pas encore, mais ces notions là allaient m'accompagner bien plus tard lorsque je tomberais accro à Street Fighter 6.


Une invitation à se déplacer


Les tournois de jeux de combat sont quelque chose que j'associe beaucoup au voyage, au trajet, à la bougeotte. Il y a des tournois partout, tout le temps. Rien qu'en Bretagne, il y a une myriade d'associations de joueurs passionnés qui louent des salles, des bars ou des maisons de quartier pour faire se réunir des dizaines de compétiteurs et leur permettre de s'affronter. Mes premiers déplacements dans des villes ont souvent été provoqués par un tournoi. C'est comme cela que j'ai mis les pieds à Saint-Brieuc, Brest, Nantes, Landivy, Fougères, Lorient et même Nice pour la première fois.




Étant moi-même un grand amateur de train, j'aime beaucoup le calme précédant et suivant l'euphorie d'un tournoi. Je me mets à imaginer le résultat que je pourrais faire sur l'aller, je profite de l'événement et puis je m'assoupis durant le retour, avec la satisfaction d'avoir croisé des nouveaux profils de joueurs que j'ai déjà hâte de réaffronter. J'aime beaucoup d'ailleurs comment les transports en commun nous remettent tous à la même hauteur. J'ai eu la chance de discuter avec des joueurs qui sont sur le devant de la scène, les meilleurs de leur discipline dans leur pays. Mais une fois le tournoi terminé, alors que les lumières de la régie clignotent encore sur nos rétines et les cris du public résonnent dans nos oreilles, nous nous recroisons discrètement dans le même train, nous redevenons des "monsieur tout le monde", des clients qui doivent retrouver leur siège réservé dans le silence et affronter les aléas provoqués par des bagages encombrants. Et si il n'y a pas de train là où on souhaite se rendre, il y a souvent des motivés pour proposer des covoiturages. Les joueurs de jeux de combat sont très débrouillards, y compris en ce qui concerne l'automobile et la mobilité. Autant de bonnes occasions à partager la route en discutant de ce que l'on aime.





Quelques conseils pour une première venue


Il n'est pas toujours facile de se lancer dans les tournois, cela implique une charge sociale intimidante et des désillusions qu'il faut relever, c'est pourquoi je donnerais ces conseils suivants à des curieux de la pratique :


  • Venez accompagnés


Je le répète, aller en tournoi signifie voir du monde, beaucoup de monde. Des personnes de toute tranche d'âge et des profils variés. C'est pourquoi je vous recommanderais pour un premier déplacement de venir accompagné d'un proche ou d'un ami. Même si celui-ci ne s'y connais pas en jeu vidéo, au moins il pourra vous aider dans vos premières prises de paroles lors des présentations, comme un soutien moral et affectif. Et cela vous fera un premier fan pour vous encourager ! Car si il y a bien quelque chose dont il faut se rendre compte...


  • Personne ne vous encouragera et ce n'est pas grave


Cela peut paraître brut de décoffrage mais c'est une réalité à regarder en face. Personne ne vous connaît. Personne ne fera attention à vos matchs hormis pour connaître le résultat à la fin pour l'enregistrement des scores. Cela arrive en de très rares occasions qu'un inconnu au bataillon débarque de nul part et se mette à susciter l'intérêt et la hype de tout le monde. Vous ne serez probablement pas un de ces profils là. Mais ne prenez pas ce désintérêt pour vos résultats comme une insulte. Vous n'êtes pas dans un shōnen et vous n'êtes pas le personnage principal. Vous débarquez fraichement dans un cercle social constitué de personnes qui se connaissent depuis plusieurs années, certains ont noué des amitiés fortes autour de cette passion commune et pour d'autre ces tournois sont des occasions précieuses et rares de retrouver leur potes. Évidemment qu'ils auront l'attention porté sur leur résultats partagés et n'accorderont que peu d'importance à vos victoires et (surtout) défaites. Mais ne vous découragez pas, continuez à venir si le jeu vous plaît. Les gens de ces communautés savent très bien repérer l'étincelle de la passion chez des nouveaux venus. Voir un nouvel arrivant accorder autant d'importance à ces tournois qui sont devenus pour eux des banalités à organiser est quelque chose qui leur fera très plaisir. Ce qui me fait penser...



  • Respectez les TO


Les "Tournaments Organizers" sont ceux qui assurent le bon déroulement d'un tournoi. Ce sont ceux qui arrivent le plus tôt et qui repartent le plus tard. Les chaises sur lesquelles vous vous posez, les consoles sur lesquelles vous jouez, les écrans sur lesquels vous postillonnez, ce sont eux qui les ont ramenés. À l'issu de plusieurs aller-retours et de manutentions sportives. Bénévolement. Ce sont également eux qui énoncent les règles de bonnes tenues et vivre ensemble. N'hésitez pas à vous orienter vers eux justement par rapport à ce que je disais sur la timidité à surmonter. Ce sont des personnes très avenantes qui ont l'habitude de gérer divers publics et profils. Croyez-moi, devoir expliquer les règles d'un tournoi à un néophyte est loin d'être une peine pour eux. Cela leur fera même plaisir que vous vous présentiez à eux en tant que nouveau participant et ils associeront plus facilement votre visage à votre pseudo.



Je suis parvenu à me faire connaître dans des groupes de joueurs mais cela n'avait souvent rien à voir avec mes résultats ou mes performances. Simplement, au bout d'un moment à fréquenter une même pièce, les gens se tournent vers vous. J'ai fait de formidables virées en compagnie de personnes dont je n'imaginais pas qu'elles me feraient la proposition de venir avec elles il y a encore plusieurs mois. Non pas qu'on ne s'appréciait pas mais parce qu'on ne se connaissait pas bien au fond. Seulement voilà, elles ont repéré mon investissement et ma motivation à faire vivre la communauté. Du point de vue d'un organisateur de tournoi, un pseudo qu'il ne connaît pas qui apparaît dans son tableau d'inscrits est une immense victoire, vous ne vous en rendez pas compte. Et je ne saurais les remercier assez pour tous ces moments précieux qu'ils m'ont permis de vivre.


J'ai reçu les encouragements les plus chaleureux de ma vie durant des tournois. Parfois de la part de présidents d'associations qui ne sont pas loin d'avoir le double de mon âge mais qui savent repérer une jeune pousse qui ne demande qu'à s'améliorer.


J'ai vu des pères emmener leur enfant en tournoi et sauter sur leur épaules à chacune de leur victoire. Certains venaient même d'un autre pays. Car ayant grandis avec les bornes d'arcade, ils ont à cœur de partager cette passion pour les jeux de versus avec leur gamins.


Des noms connus de la FGC française m'ont croisé pour la première fois sur les canapés du bar le Checkpoint alors que je jouais un Pichu chétif et m'ont salué des années plus tard alors que nous nous recroisions sur les marches du Red Bull Kumite, de l'UFA ou de l'EVO France où j'allais en tant que compétiteur avec mon Jamie.





Il est peut-être dur de se faire connaître mais il est facile de se sentir apprécié dans cet environnement. Sur une touche plus personnelle, je dirais que ces événements sont un remède à mes doutes sur mes propres compétences. Je suis mon plus mauvais juge. À travers ces duels, j'ai un peu cette impression de prouver de quoi je peux être capable, alors qu'il ne s'agit que d'une partie de jeu vidéo, aussi insignifiant que cela puisse paraître. Je ne pense pas me tromper en disant que je ne me serais pas lancé dans ce hobby si nous n'avions pas connu la pandémie. J'avais besoin de revoir du monde, déboussolé de mes repères sociaux après un an et demi d'enfermement, il se trouve que l'occasion idéale de s'entourer de nouveaux visages était un tournoi dans un bar gaming au coin de ma rue. Le premier pas que j'ai fait dans ce lieu chaleureux a déclenché une réaction en chaîne menant à mes plus belles rencontres et leçons de vie.





Quelques mots sur mes mains...


  • Le combattant ivre


Le plaisir que je tire à jouer à des jeux de combats est avant tout visuel. C'est pour le spectacle et le bonheur de voir des personnages stylés à l'écran se débattre que je m'y adonne. Comme si je jouais mon propre film d'action. Je me suis mis à Street Fighter 6 en 2023 parce que je trouvais les combattants tellement charismatiques que je ne rêvais que de les incarner. L'un d'entre eux m'a particulièrement tapé dans l'œil et il s'agit de Jamie.





Hormis de nous rappeler notre émission de vulgarisation scientifique préférée de par son nom, le personnage me plaît grâce à son style de combat, la boxe ivre. Cet art martial lui impose de s'enivrer au fur et à mesure que le combat avance avec une boisson dont le secret de concoction est bien gardé... Elle augmente sa force, lui fait débloquer de nouvelle techniques et surtout le rend terriblement imprévisible. Je m'amuse énormément à le voir se mouvoir de façon chancelante tout en distribuant des mandales. C'est comme si ses propres gamelles étaient des armes de corps à corps. Il jongle avec sa gourde tandis que sa tignasse virevolte, il y a un côté très ébouriffant qui me parle. Son attirail jaune m'évoque un peu Kill Bill... Ajoutez à cela sa démarche inspirée du breakdance et son thème musical endiablé, le coup de cœur est assuré. D'ailleurs, j'ai remarqué autour de moi que l'aspect androgyne du personnage plaît beaucoup, surtout chez les filles. Le personnage est très souvent cosplayé par des joueuses. De mon côté il est l'un des personnages de jeu vidéo dont je possède le plus de goodies qui lui sont dédiées. (La gourde est très pratique !) Il est un partenaire de castagne que j'adore incarner et mes meilleurs résultats et souvenirs de compétition sont liés à lui.





Je trouve intéressant cette résonnance que peut avoir un combattant sur notre propre image. Il finit par devenir une sorte d'avatar nous identifiant aux yeux du public. Il faut savoir que Jamie est un personnage sous représenté, quasiment absent de tous les tournois. Ses apparitions occasionnelles sont donc soulignées par les participants et spectateurs. Je me souviens avoir affronté un autre joueur de Jamie qui était un père de famille, ses gamins étaient épatés de rencontrer un autre joueur du personnage de leur papa, alors que j'étais paré de ma veste et de ma gourde.


C'est aussi une petite fierté personnelle de jouer ce personnage. Pour la simple et bonne raison que tout le monde au moment de la sortie du jeu m'orientait à jouer quelqu'un d'autre... " On a vu mieux comme perso." " Tu joues Jamie ? C'est courageux ! "


J'en aurais entendu des remarques sur la " non-rentabilité " de mon personnage. Malgré cela je ne l'ai jamais lâché. Sachez que cela peut avoir son avantage car je me suis retrouvé dans la position où je détenais des astuces propres à mon perso que mes adversaires ignoraient, ne jugeant pas nécessaire de l'étudier. Grave erreur. J'ai pu profiter de leur méconnaissances et tirer mon épingle du jeu. Dès lors que je croise un adversaire qui connaît le fonctionnement de mon personnage, une difficulté supplémentaire vient s'ajouter. Cela me fait penser à un autre conseil que je donnerais :

  • Hiérarchisez vos problèmes :


En commençant les jeux de baston, vous allez vous prendre une avalanche de lacunes sur la figure. Ne paniquez pas et respirez un coup. Identifiez clairement les situations qui vous posent le plus soucis. Vous n'arrivez pas à anti-air votre adversaire qui vous saute dessus trop facilement ? Vous ratez vos combos ? Votre garde est friable ? Les jeux de combats ne sont que des suites de situations et schémas qui sont amenés à se répéter. Comme des morceaux de musique ou un mouvement de danse à enchaîner. Séparez méticuleusement vos défauts et réglez les l'un après l'autre à votre rythme. Avec mon Jamie, j'ai transpercé des plafonds de verre successivement avant de me heurter à d'autre obstacles. La route n'est jamais dégagée, sachez le.



  • Le clown sadique




Mon premier vrai contact avec un jeu de combat se trouve être en réalité Injustice : God Among Us. En 2013, sur ma Xbox 360, je ne jurais que par Halo Reach. Mais il se trouve que j'étais aussi un mordu de Batman. Je découvrais les comics les plus emblématiques ainsi que les films cultes tirés de cet univers. Comme chez beaucoup d'autres, le Joker devient mon méchant de fiction préféré. Alors vous imaginez bien qu'un jeu offrant l'opportunité de l'incarner n'allait pas m'échapper. Comme pour Street Fighter 6, c'est l'environnement et la direction artistique des personnages qui m'a fait acheter le jeu. Devoir se plier aux manipulations propres au gameplay était secondaire, je voulais être le Joker ! Je ne me rendais pas compte à l'époque que j'exécutais mes premiers cancels et quart de cercles, des années avant mon initiation à Street Fighter III Third Strike, bien que cela soit simplifié par rapport à Street Fighter ou King of Fighters où les figures à réaliser sont bien plus exigeantes.


" Feedback " est le mot utilisé dans le jeu vidéo pour désigner le ressenti manette en main. Se traduisant littéralement par " retour d'information ", c'est un aspect primordial quand au jugement de qualité d'un titre. Est-ce que je ressens le déploiement d'énergie délivré par Mario lorsqu'il saute ? Est-ce que je sens le poids de l'arme et de la détonation lorsque je tire une salve dans Battlefield ? Ce sont des questions qui doivent être résolus avec soin sans quoi le jeu paraîtra fade et inerte. Avec le Joker d'Injustice, le feedback était présent. C'était trop kiffant de foutre des coups de pieds de biche à tout va, de faire exploser des bombonnes de gaz hilarant, d'embrocher mes adversaires avec la lame dissimulée dans mes souliers. Le personnage a été imaginé de façon très cartoonnesque, il était en mesure de balancer une tarte à la crème sur la tronche de son ennemi avant de dégainer un bazooka et de tirer à bout portant... Comme pour Jamie, son attirail m'amusait. Ce sont des personnages qui donnent l'impression de ne pas être en mesure de se défendre. L'un est totalement soûl tandis que l'autre n'est qu'un clown. Le décalage provoqué par la correction de leur part sur des guerriers rôdés dotés de pouvoirs surnaturels démesurés procure un plaisir insoupçonné.






  • La souris jaune




C'est avec lui que tout a commencé. Mes premiers tournois, mes premiers déplacements, mes premiers matchups, mes premiers chiffres, mes premières statistiques... J'aurais pu partir sur tout autre chose au moment de me lancer dans des tournois, il n'est pas mon personnage préféré du roster de Smash Bros. Luigi, Wolf ou même Link Cartoon étaient des prétendants à être mes mains puisque je les jouais énormément dans l'épisode Brawl. Mais Pichu m'a tout de suite captivité par sa rapidité et son agréable fluidité de déplacement sur le terrain. Il a en plus beaucoup d'aisance à se déplacer dans les airs, ce qui est un aspect ô combien important dans ce type de jeu de combat. Ses combos nécessitent de l'exécution et des timings serrés mais parvenir à les placer est un accomplissement personnel de tous les jours. Et puis sa jovialité pétillante et ses animations gentillettes prêtent à sourire.


C'est le personnage qui a déclenché mon obsessions pour les manettes, je me suis brisé les doigts sur quatre différentes avant de trouver celle qui me sied. C'est aussi le personnage qui m'a le plus identifié aux yeux de mes camarades de jeux bien qu'au moment où j'écris ces lignes, Jamie ait pris cette fonction. Il est désormais un ami virtuel qui me rend nostalgique dès que je repense à cette période où j'étais prêt à faire 40 minutes à pied la nuit pour me rendre dans une maison de quartier où on s'isolait à 15 devant des écrans empruntés pour s'amuser sur un jeu Nintendo, tout en essayant de ne pas rire trop fort pour ne pas déranger le cours de yoga qui se tenait dans une pièce voisine...



Par Jirolondon (Les photos de cet article proviennent de moi et de @Lenmunier)


 
 
 

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